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Interview

Nora Gherbi

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Fondatrice WHo CAREs!? Chronicles

20 juin 2023

Nora Gherbi est une femme multiculturelle : elle est Franco-Canadienne et d'ascendance autochtone africaine.

Avec des liens forts en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe, Nora est une citoyenne du monde qui parle plusieurs langues.

Au cours de sa carrière en diplomatie économique au Canada et aux États-Unis, elle rencontre plusieurs cadres, présidents et PDG de diverses entités afin de formaliser des stratégies de développement international.

De cet exercice, a émergé une lacune dans les stratégies de responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Nora décide alors de faire des recherches sur le sujet des stratégies axées sur l'impact et l’investissement responsable.

Spécialisée dans le secteur de l'environnement et de l'énergie alors qu’elle vit à New York, elle décide en 2006 de lancer une initiative autour de la responsabilité environnementale des entreprises.
WHO CAREs!? Chronicles est né avec l'objectif de créer et de promouvoir un nouveau rôle de leadership au sein du monde de l'entreprise : le Chief Care Officer. A cette époque, les rôles exécutifs couvrant les sujets environnementaux n’existaient pas encore.



WHo CAREs!? et les principes d’I.E. Intelligence Environmentale

Depuis 2006, WHo CAREs !? Chronicles crée des stratégies de régénération uniques. Né de l'idée que le monde de l'entreprise pourrait avoir un plus grand impact positif sur la société.

Chaque jour, WHo CAREs!? s'efforce de mettre en œuvre de grandes pratiques basées sur l’intelligence environnementale. Une initiative devenue entreprise qui s’enracine dans l’authenticité et l’incorporation de l’impact positif à travers la mise en place de bonnes pratiques dans le monde de l’entreprise et au niveau social.

Aujourd’hui, WHo CAREs !? Chronicles met en avant dans diverses formations, prise de paroles et stratégie d’entreprise, la pièce maîtresse du travail réalisé depuis plus de 20 ans : L’I.E l’intelligence environnementale.

Portrait d’une citoyenne du monde qui promeut et forme à l’Intelligence Environnementale.



Comment définirais-tu la notion d’intelligence environnementale ?

J’ai commencé par faire mes études dans les années 90 avec le professeur Duviols, expert mondial de l'ethnologie Ibéro Américaine et donc des cultures Maya, Inca, Aztèque et de tous les principes ibéro américains des indigènes.

J’ai eu cette chance de continuer mes études et ainsi de compléter mes connaissances sur les premières nations, auprès de membres natifs américains en Alberta : les Cree et les Blackfoot.

Cela m’a permis d’intégrer tous les principes que j’utilise dans mon travail : justice restauratrice, économie circulaire, le développement durable, le traitement et l’usage de l'eau.

Il me semble important aujourd'hui de donner de la lumière à ce principe d'intelligence environnementale.
Ce terme d’intelligence environnementale était initialement utilisé par les ingénieurs du secteur de l’énergie. Je l’ai détourné pour l’appliquer à l’être humain.

Elle repose sur la sagesse indigène et les savoirs indigènes qui sont à la genèse de tous les principes de développement durable.

À cela, je pense qu’il est indispensable de contextualiser les technologies naissantes et des nouvelles technologies (comme l’intelligence artificielle).

La question est de savoir comment on les associe plutôt que de chercher à les opposer. Le vrai sujet aujourd’hui est d'incorporer, de reconnaître, de réveiller cette intelligence environnementale qui est innée à tous les individus.



Qu’avons-nous à apprendre de ces savoirs indigènes ?

Le premier principe, c'est la reconnaissance de ces savoirs et de ces dogmes ancestraux. Encore aujourd'hui, il n’y a pas encore de reconnaissance du savoir. Souvent, ils sont galvaudés, par exemple, on ne précise pas que la justice restauratrice provient de ces peuples indigènes.

Aujourd'hui, nous observons que ce qui est dit dans beaucoup des prophéties indigènes.
L’annonce d'une période que nous sommes en train de vivre, je pense, où certaines des voix indigènes commencent à trouver leurs places et où l'humanité pourrait trouver des solutions et des clés à son salut environnemental.

Il est donc essentiel de redonner la place à ces voix et à ces principes, à ces dogmes et de les rendre disponibles aux plus grands nombres, aux universitaires aux scientifiques. C’est ce que nous faisons avec notre programme de formations E.I.

Avec WHo CARE !? Chronicles, nous formalisons l’accès a ces principes fondamentaux via nos workshops et l’organisation de divers évènements. Notamment pendant le Change Now Summit, dont nous sommes partenaires contenus.



Pourquoi les entreprises auraient tout intérêt à s’approprier ces savoirs et de ces dogmes ancestraux à l’échelle de leur organisation ?

L’entreprise vit une période de crise avec une impasse créatrice, de productivité, de ressources humaines… Tous les principes que les entreprises ont utilisés jusqu’ici ne fonctionnent plus.

L'évolution des nouvelles technologies et la pandémie ont été des éléments déclencheurs, révélateur du malaise qui était déjà en train de s'installer.

On a atteint un plateau en termes de productivité.
Nous sommes en permanence, (et cela, nous l’avions vu clairement pendant les confinements) entre deux vitesses que nous mettons en exergue dans nos formations :
The speed of life (la Vitesse de la Nature) et The speed of light, (La Vitesse de Lumière) ce qu’il faut entendre ici, c'est la vitesse des nouvelles technologies.
L’objectif étant de remarier les deux plutôt que de les mettre en opposition et surtout de ne pas naviguer seulement avec un des modèles.
Dans une ère de technologie, on doit évoluer aussi avec son temps. Cependant, il faut apprendre aux gens à travailler avec cette intelligence environnementale tout autant que l'intelligence technologique.



Comment souhaites-tu personnellement conscientiser et former les entreprises à l’intelligence environnementale ?

Via nos workshops, master class et retraites et un livre sur lequel je travaille en ce moment et qui reprend tous les préceptes que j’ai incorporés et élaborés au fur et à mesure des années avec un point de vue académique et corporate.

Pour certaines audiences qui sont de plus en plus éloignées de la nature, de pouvoir comprendre ces principes de l’intelligence environnementale, c’est essentiel aujourd’hui.

D’une part, car la technologie est devenue plus intelligente que l'homme. La vraie clé de notre évolution se fera par la préservation et le développement de sa connaissance environnementale. C'est en ça que c'est essentiel aujourd'hui.

L'harmonie du corps et de l'esprit, de la société dépendent fondamentalement de notre lien avec la nature. On a pensé par erreur, je pense, depuis la révolution industrielle et la révolution technologique, que l'on pouvait fonctionner de manière optimale en étant à 80 % connectés en permanence à des outils, alors qu'en fait, on est tellement éloignés de la matière naturelle que l'on se perd.

L'outil prend le dessus sur la fonctionnalité de l'humain de base et de ses besoins naturels, vitaux qui sont directement liés à la terre, à la nature, à l'air, au ciel, à l'eau.


Enfin, pour en revenir aux entreprises, il me paraît impensable de ne pas avoir de représentant de notre planète autour d'un board, d’autant plus sur des projets ou actions qui concernent directement d’autres populations ou ethnies. Une forme de garde-fou environnemental, quelqu’un de neutre, qui ne fait pas partie de l’entreprise.



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